Opinion Way
17/12/2018
Européennes : A J-2, les clés du scrutin
Par Bruno Jeanbart / 23-05-2014 / 1 Réactions

Les élections européennes de dimanche, second scrutin de l’année, seront peut être également le dernier scrutin national avant 2016, compte tenu de l’incertitude qui plane désormais sur la date des futures élections régionales et départementales. En voici les grands enjeux de notre point de vue.

1. Quel niveau pour la participation ?

A l’exception de 1994, l’abstention aux Européennes ne cesse de progresser en France depuis l’introduction de cette élection en 1979. Après le record de 2009 (59,4%), peu d’éléments plaident aujourd’hui pour une inversion significative de la courbe. Dans notre dernière enquête, nous estimons qu’elle se situera dimanche autour de 60%, soit à un niveau très proche de 2009. Le franchissement ou non de cette barre symbolique est à la fois un enjeu médiatique, mais surtout un enjeu décisif sur le résultat final de l’élection (voir paragraphe suivant).

Seul élément positif, la hausse de notre indicateur d’abstention, que nous constations depuis le début du mois de mai, s’est interrompue la dernière semaine et nous avons même noté une petite remobilisation de l’électorat, qui laisse espérer que ce triste record ne tombera pas dimanche.

Rappelons enfin que la hausse de l’abstention aux Européennes n’est pas un phénomène national mais une tendance que l’on constate en moyenne dans l’Union Européenne.



2. Quelle sera la « structure » des votants dimanche ?

Concernant la participation, plus que COMBIEN, c’est le QUI l’élément décisif dimanche. En effet, lorsque la participation est aussi faible, les différentiels de mobilisation, notamment sociologiques, sont parfois gigantesques. Notre enquête réalisée le jour du vote en 2009 indiquait que seuls 23% des ouvriers avaient voté contre 41% des cadres et professions libérales. De même, 58% des 65 ans et plus ont voté en 2009 contre 28% seulement des moins de 25 ans et 30% des 25-34 ans. Enfin, 38% des électeurs ayant voté non au référendum de 2005 sur le traité constitutionnel ont voté aux Européennes de 2009, contre 57% des électeurs du oui.

Si dimanche, quel que soit le niveau de participation, ces écarts de mobilisation se confirment, cela pèsera fortement sur le résultat final. Notre dernière enquête plaide en ce sens, avec 80% de moins de 25 ans qui semblent s’abstenir contre 40% des 65 ans et plus, ou encore 71% des ouvriers contre 59% des cadres.



3. Qui sortira en tête du scrutin en pourcentage ?

Rappelons tout d’abord que cette question n’est que symbolique, puisque l’élection se déroule à la proportionnelle et que les résultats en France pèsent pour moins de 10% des résultats à l’échelle du Parlement Européen. Cependant, à la fois parce que Marine Le Pen a affiché son objectif d’être en tête le soir du 25 mai et parce que ce serait une première dans un scrutin national, cette première place sera particulièrement observée dimanche.

Nos enquêtes indiquent que celle-ci semble devoir se jouer entre l’UMP et le FN, le Parti Socialiste étant pointé 4 points derrière ces deux listes. Pour réussir à terminer devant l’UMP, le Front National doit réussir à contourner la structure sociologique de la mobilisation constatée lors des différentes élections européennes, qui lui est défavorable : trop peu de votants au sein des catégories populaires, des peu diplômés ou des jeunes, son électorat traditionnel. Trop à l’inverse chez les plus de 65 ans ou les catégories les plus diplômées, réfractaires au vote FN. Une participation dimanche clairement supérieure à celle de 2009 serait un signe favorable pour le FN, tandis qu’un effondrement de celle-ci lui indiquerait potentiellement le contraire.

Autre possibilité pour que le FN arrive en tête : un transfert massif d’électeurs Sarkozy vers l’extrême droite, pour signaler leur mécontentement et leur ras le bol à l’égard de l’opposition actuelle. Mais il doit probablement avoisiner les 30% pour valider cette hypothèse.


4. Qui sortira en tête du scrutin en siège ?

Le scrutin se jouant par circonscription, il n’est pas exclu que l’ordre d’arrivée en % soit différent de celui en siège. Notre dernière projection, basée sur l’enquête réalisée pour 20 minutes, plaçant FN et UMP à égalité avec 21% chacun, en est l’illustration. Sur cette base, l’UMP pourrait bénéficier d’un avantage de 2 ou 3 sièges quand même sur le Front National.

Les raisons de cet écart résident principalement dans deux phénomènes :

  • • Le premier est la faiblesse historique du FN en outre-mer, circonscription qui décerne trois sièges et dans laquelle l’UMP devrait en gagner un quand le FN devrait ne pas en avoir ;
  • • La seconde est l’intégration des Français de l’étranger dans la circonscription Ile-de-France, qui fait que dimanche, celle-ci attribuera 15 sièges contre 13 à la circonscription Sud-Est, pourtant de taille équivalente en nombre d’habitants. Or, l’IDF est généralement une région dans laquelle le FN fait des scores inférieurs à sa moyenne.


5. Le Parti Socialiste, en dépit de l’impopularité du Président Hollande, limitera t-il la casse ?

En fin de campagne, le Parti Socialiste a réussi à interrompre la baisse de ses intentions de vote pour terminer à 17% dans notre dernière enquête. Cela le situerait à un niveau très proche de son résultat de 2009 et donc symboliquement, limiterait la perception négative de son score. Le PS a semble t-il échappé dans cette élection à une trop forte dispersion de son électorat sur les forces concurrentes à gauche, qui sont dans notre dernière enquête soient stables par rapport à 2009 (le Front de Gauche), soient en recul (EELV, l’extrême gauche). Nouvelle Donne lui a probablement pris des voix (3%), mais semble également capter son électorat au sein de « Mélenchonistes » déçus.

Toutefois, cette reconduction du score du PS n’aurait pas du tout le même sens qu’en 2009. En effet, à l’époque, la gauche parlementaire dépassait les 39% et la gauche dans son ensemble les 45% (avec l’extrême gauche). Sur la base de nos dernières intentions de vote, ce bloc ne pèserait désormais que respectivement 36% et 38%, soit une baisse de 3 points pour la gauche parlementaire et de 7 points pour le total de la gauche.

6. L’alliance UDI-Modem sera t-elle confortée pour l’avenir ?

La réunification des centristes est l’un des faits majeurs de cette élection. En position d’accrocher la quatrième place et de passer la barre des 10%, le résultat de l’Alternative méritera d’être suivi avec attention. Si ces deux éléments sont réunis, cela devrait être suffisant pour convaincre les deux familles centristes du bien fondé de cette stratégie dans la perspective de 2017.





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Rédigé par: Billyfromo BillyfromoST

Le 30/01/2017 à 13h46

Billyfromo

 

 

 

 

 

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